Secteur public
Quelle exigence de cloud retenir pour votre organisme public ?
Pour vous si… Vous préparez l’achat ou l’essai d’un service collaboratif pour un organisme public et devez expliquer quelle protection demander, sur quel périmètre et à partir de quels textes.
Repères documentaires au 6 novembre 2026.
Notre avis
Nous ferions établir une courte note de périmètre avant de comparer les marques : quel organisme achète, quelles données seront traitées, quel dommage une violation pourrait provoquer et quel service doit y répondre. C’est cette note qui justifie l’exigence, puis les pièces à demander.
Le cadre a évolué en 2026 : le décret du 14 avril et l’arrêté du 12 août complètent l’article 31 de la loi SREN. Une ancienne FAQ ou une brochure fournisseur ne suffit donc pas seule à déterminer le régime applicable. Pour les organismes et traitements concernés, vérifiez le service exact et l’attestation prévue par les textes ; ne généralisez pas la qualification d’une infrastructure à toutes les fonctions collaboratives.
Ce qui change le choix
Une règle de tutelle, un engagement contractuel ou un autre régime peut ajouter des exigences. L’absence d’application de cet article ne signifie pas que tout service est acceptable.
Dans l’ordre
- Identifier l’organisme et les règles qui le visent
- Qualifier les données et les effets d’une violation
- Définir le service et les conditions qui doivent être couverts
- Demander les pièces correspondant à ce périmètre
Pourquoi ce choix
- L’article 31 de la loi SREN nomme des catégories d’organismes et des conditions précises.
- Les données personnelles et les données d’une sensibilité particulière ne sont pas des catégories identiques.
- Une exigence portant sur un traitement n’impose pas automatiquement de remplacer toute la suite.
Premier embranchement : quel organisme prend la décision ?
L’article 31 vise les administrations de l’État, ses opérateurs dont la liste est annexée au projet de loi de finances, ainsi que des groupements d’intérêt public précisés par décret. Son IV vise également le groupement mentionné à l’article L. 1462-1 du code de la santé publique. Le décret du 14 avril 2026 nomme six GIP dans son article 1. Le régime examiné ici concerne le recours à un service d’informatique en nuage fourni par un prestataire privé.
La bonne question n’est donc pas « sommes-nous publics ? », mais « quel texte vise précisément notre personne morale ? ». Pour une collectivité, ne déduisez pas l’application de l’article 31 de son seul caractère public. Faites examiner les règles effectivement applicables, y compris celles de votre organisation et des données en cause.
Si l’entité ou son statut reste incertain, nous suspendrions la conclusion juridique, pas tout le travail : vous pouvez inventorier les usages et préparer les questions à poser. La comparaison des fonctions ne remplace pas la réponse sur le cadre.
Deuxième embranchement : les deux conditions sur les données
L’article 31 distingue les données d’une sensibilité particulière, qu’elles aient ou non un caractère personnel. Il mentionne les secrets protégés par la loi et les données nécessaires aux missions essentielles de l’État. Le texte ajoute une condition relative aux conséquences d’une violation : atteinte possible à l’ordre public, à la sécurité publique, à la santé ou à la vie des personnes, ou à la protection de la propriété intellectuelle.
La fiche de la DAJ, mise à jour le 21 août 2026, insiste sur le caractère cumulatif de ces deux conditions et sur l’analyse au cas par cas. La présence de données personnelles, à elle seule, ne constitue pas la démonstration complète de ce périmètre. Cela n’écarte aucune autre obligation de protection.
Pour la collaboration, décrivez les informations qui circulent dans les fichiers, les messages, les invitations et les comptes invités. Un espace d’équipe peut contenir plusieurs niveaux de sensibilité. L’analyse doit porter sur les traitements réels, sans supposer qu’un seul mot classe toute l’organisation.
| Question | Pièce ou réponse à obtenir |
|---|---|
| Quelle personne morale achète et utilise le service ? | Identité et texte ou règle interne qui la vise |
| Quelles données seront traitées ? | Catégories, usages et responsable de l’analyse |
| Quelles seraient les conséquences d’une violation ? | Justification concrète, liée aux traitements prévus |
| Quel service et quels accès sont concernés ? | Fonctions, édition, invités, navigateur, applications et intégrations |
| Quelle attestation répond à l’exigence ? | Pièce du service exact et vérification de sa portée |
Troisième embranchement : quelle preuve demander au service ?
L’article 2 du décret prévoit un référentiel élaboré par l’ANSSI et approuvé par arrêté. L’arrêté du 12 août 2026 approuve la version 3.2 du référentiel SecNumCloud. Sa version consolidée indique une entrée en vigueur au 15 août 2026.
L’article 2 de cet arrêté prévoit une qualification délivrée par l’ANSSI ou une certification de l’Union européenne ou d’un État de l’Espace économique européen reconnue comme équivalente par cette agence. « Européen », « hébergé en France » ou une certification citée sans cette correspondance ne démontrent pas à eux seuls cette attestation.
Demandez ensuite le nom du service couvert, ses dates et ses conditions d’usage. Une application hébergée sur une infrastructure qualifiée n’hérite pas automatiquement d’une qualification SaaS. Et si le service est couvert pour le navigateur mais pas pour l’application mobile prévue, cette différence doit être traitée avant le choix.
Une contrainte ciblée n’impose pas toujours une suite entière
Notre préférence reste de déplacer le traitement qui doit l’être, puis de définir ce qui peut rester. Si les échanges sensibles passent dans un espace distinct, il faut examiner les accès, les copies et les intégrations qui pourraient les faire ressortir de ce périmètre. Une simple consigne « utilisez le nouvel outil » ne suffit pas à décrire cette frontière.
Le remplacement complet peut être cohérent si la contrainte et les usages portent sur tout l’environnement. Il doit alors être motivé comme tel. Nous ne le déduirions ni du statut public de l’organisme ni de la présence d’un service qualifié dans le catalogue.
Le coût et la reprise fonctionnelle restent à examiner. Le décret définit notamment une offre acceptable, dans son cadre de dérogation, en prenant en compte la réponse au besoin fonctionnel du projet et son coût. Cela ne crée pas une dérogation automatique lorsqu’une solution est chère ou peu pratique.
Un pilote et un compte invité ne sont pas hors du périmètre
Pour un essai, nous commencerions avec des données fictives ou des copies rendues anonymes, puis ferions autoriser tout usage de données réelles par les responsables compétents. L’objet est de tester les tâches sans déplacer inutilement un traitement sensible avant que sa destination soit acceptée. Nous n’affirmons pas qu’une démonstration gratuite bénéficie d’une exemption.
Pour un partenaire, écrivez ce qu’il doit consulter, déposer ou modifier et quand son accès doit s’arrêter. La CNIL recommande de limiter les habilitations aux seules personnes autorisées et de configurer les permissions des ressources cloud. Notre règle pratique est de contrôler un accès invité et son retrait sur un dossier d’essai avant d’ouvrir un espace réel.
L’organisme partenaire peut relever d’autres règles. Son accord pour utiliser un outil n’établit pas que votre propre traitement y est acceptable.
Que faire si le projet actuel ne répond pas à l’exigence ?
Ne présentez pas la continuité de service comme une dispense automatique. Le décret contient un régime de dérogation, avec décision motivée et rendue publique, intervention ministérielle et validation du Premier ministre. La procédure détaillée renvoie aussi à un arrêté du 14 avril 2026.
Nous n’avons pas examiné ici ce dossier procédural complet ni déterminé l’éligibilité de votre projet. Si vous pensez relever de ce cas, faites analyser les textes et les pièces du projet avant d’annoncer une durée ou un droit à dérogation. Vous pouvez, en parallèle, préparer les scénarios de déplacement et leur coût sans interrompre un outil sur la base de cette seule page.
La sortie utile : une note qui précède la sélection
Le livrable que nous retiendrions tient en une note courte : organisme et fondement applicable ; données et conséquences analysées ; périmètre fonctionnel ; attestation exigée ; accès autorisés ; points non tranchés et responsable de leur réponse. Ajoutez les pièces datées qui soutiennent chaque conclusion.
Cette note permet de demander la même preuve aux candidats, puis de comparer leur réponse fonctionnelle. Si une information manque, nommez-la : « statut du service à confirmer » ou « accès mobile hors pièce fournie » est plus utile qu’un oui/non global à « conforme ». La décision devient alors vérifiable par une autre personne.
À vérifier
Lecture de l’article 31, des articles du décret et de l’arrêté identifiés, des pages 1 à 3 de la fiche DAJ et de la fiche CNIL. Annexe technique intégrale, procédure détaillée de dérogation, règles de passation des marchés, HDS et Diffusion Restreinte non examinés ici. Les règles propres à votre organisme et les pièces de votre traitement restent à faire confirmer.
Preuves et sources
Les faits documentaires et déclarations sont distingués de nos avis et méthodes. Comment nous travaillons.
Fait documentaire — L’article 31 de la loi SREN distingue les organismes visés, les données d’une sensibilité particulière et les effets possibles de leur violation.
Daté du 5 novembre 2026. Périmètre : Article 31 I à IV et décret article 1, versions consolidées consultées. Limite : Ne détermine pas à lui seul le statut d’un organisme ou d’un traitement particulier.
Source lue le 5 novembre 2026. Champ organique et données avec conditions ; dérogation à documenter.
Page consolidée porte date04novembre ; pas d’avis juridique individuel.
Source lue le 5 novembre 2026. Article2 exigences et attestation ; article3 conditions de dérogation, offre acceptable fonctionnelle et coût.
Arrêté procédural14avril non ouvert ; ne pas décrire un dossier complet de demande.
Fait documentaire — La DAJ présente les deux conditions relatives aux données et aux effets de leur violation comme cumulatives et demande une analyse au cas par cas.
Daté du 5 novembre 2026. Périmètre : Fiche mise à jour le 21 août 2026, pages 2 et 3. Limite : Pages 4 à 13 et clauses annexes non reprises.
Source lue le 5 novembre 2026. Champ organique et deux conditions cumulatives ; données personnelles et sensibilité particulière ne se confondent pas.
Pages4à13 non lues ; annexes et dérogations détaillées non reprises.
Fait documentaire — L’arrêté du 12 août 2026 approuve SecNumCloud 3.2 ; la conformité du service est attestée par qualification ANSSI ou certification UE/EEE reconnue équivalente par l’ANSSI. La version consolidée indique une entrée en vigueur au 15 août 2026.
Daté du 5 novembre 2026. Périmètre : Arrêté articles 1 et 2 et date de version consolidée ; décret article 2 ; version 3.2 précisée dans la fiche DAJ page 3.. Limite : Annexe technique non lue intégralement ; aucune équivalence de certificat particulier affirmée.
Source lue le 5 novembre 2026. Version3.2 approuvée ; qualification ANSSI ou certification UE/EEE reconnue équivalente par ANSSI.
Annexe référentiel non lue ; ne pas prétendre analyse technique intégrale.
Source lue le 5 novembre 2026. Article2 exigences et attestation ; article3 conditions de dérogation, offre acceptable fonctionnelle et coût.
Arrêté procédural14avril non ouvert ; ne pas décrire un dossier complet de demande.
Source lue le 5 novembre 2026. Champ organique et deux conditions cumulatives ; données personnelles et sensibilité particulière ne se confondent pas.
Pages4à13 non lues ; annexes et dérogations détaillées non reprises.
Fait documentaire — L’article 3 du décret prévoit une procédure de dérogation, la prise en compte du besoin fonctionnel et du coût de l’offre acceptable, et une décision motivée rendue publique.
Daté du 5 novembre 2026. Périmètre : Décret article 3. Limite : Pas de conclusion sur l’éligibilité ni sur le dossier détaillé prévu par l’arrêté procédural.
Source lue le 5 novembre 2026. Article2 exigences et attestation ; article3 conditions de dérogation, offre acceptable fonctionnelle et coût.
Arrêté procédural14avril non ouvert ; ne pas décrire un dossier complet de demande.
Fait documentaire — La CNIL recommande de limiter les habilitations et de configurer les permissions des ressources dans le cloud.
Daté du 5 novembre 2026. Périmètre : Fiche cloud du 14 mars 2024. Limite : Notre essai sur données fictives est une proposition de méthode, pas un test effectué.
Source lue le 5 novembre 2026. Cartographie cloud, analyse risques, responsabilités contractuelles, accès, sauvegardes. Chiffrement serveur ne garantit pas confidentialité envers fournisseur.
Recommandations génériques ; HDS/statuts de fournisseurs non contrôlés.